La réserve

Les missions du Parc

En ce nouveau millénaire, la réserve animalière de la haute-Touche, plus que jamais prête à s'investir dans le développement touristique du département, contribue à l'éducation des hommes, à la préservation de leur environnement naturel. Dans le cadre du département des parcs et jardins du muséum, elle participe à la sauvegarde, la reproduction et la réintroduction des espèces menacées, veillant avant tout, au bien être des animaux.

Entant qu'établissement du Muséum National d'histoire Naturelle, la Réserve de la Haute-Touche se consacre statutairement à une triple mission :

Gestion d'une collection

Cette gestion doit s'assortir aux particularités d'une collection vivante : gestion sanitaire, gestion de l'accroissement, gestion de l'ensemble des contraintes liées a la présentation au public (entretien des parcs, locaux, paysages, sécurité, etc...).

Une attention particulière est accordée aux espèces en voie d'extinction dont les parcs zoologiques constituent l'une des dernières garantie de survie.

La Réserve de la Haute-Touche participe a un ensemble de plans d'élevage internationaux et assure, grâce à ses espaces, la multiplication des troupeaux, nécessaire prélude à une réintroduction réussie :

Des Addax et des Oryx algazelles de la Haute-Touche ont récemment été réintroduits avec succès dans des réserves en Tunisie et au Maroc. Le suivi sanitaire et éthologique de ces animaux présage d'un bon résultat pour la suite en milieu naturel.

La Haute-Touche héberge également quelques rares Cerfs d'Eld (du « Siam ») dont les effectifs sauvages sont pratiquement éteints.

Le Cerf du Père David possède la singulière particularité d'une espèce qui n'a jamais été rencontrée en liberté ; la coopération entre instituts zoologiques a permis de les sauver. Il est dans les projets du muséum d'en proposer à la Chine, son pays d'origine.

Le Daim de Mésopotamie représente la plus rare des espèces de Cervidés actuellement. On considère que sa population mondiale ne représente pas plus de 200 individus dont 80 environ en captivité. Le groupe de la Réserve s'accroît chaque année de nouvelles naissances.

Les Chevaux de Przéwalski jamais domestiqués et dont il ne restait en 1960 que 12 individus captifs au monde, furent sauvés de l'extinction totale grâce aux parcs zoologiques. Le Muséum est responsable du programme de reproduction de cette espèce et l'un de ses étalons a rejoint ces congénères en Mongolie au cours de l'année.

Beaucoup d'autres pourraient être citées comme exemples d'espèces rares et conservées à la Haute-Touche dans un but de sauvegarde.

Diffusion des connaissances

Education et sensibilisation du public

> Voir la partie Pédagogie

Recherche et enseignement

Une importante zone du parc spécialement réservée à l'élevage et la recherche constitue un lieu d'étude privilégié sur la reproduction, la médecine vétérinaire, l'éthologie, l'écologie,...

La construction d'un centre de soin et de recherche a été étudiée de façon à isoler le plus possible les travaux scientifiques et activités vétérinaires des activités touristiques.

Dans le cadre de ce nouveau laboratoire de recherche édifié en partenariat avec la Région, plusieurs programmes progressent :

Les études génétiques

Les études d'ADN visent à caractériser les écarts génétiques au sein d'une population. Le Cerf Pseudaxis, sous-espèce de Cerf Sika, beaucoup plus rare que le Sika du Japon fait l'objet actuellement de ces études à la Réserve de la Haute-Touche pour apprécier le degré de pureté des différents animaux connus dans le monde. D'autres espèces entrent dans ce programme.

Ces études contribuent également au choix des meilleurs reproducteurs ainsi que les futures générations bénéficient d'une grande variabilité génétique dans l'optique d'une possible reproduction.

La reproduction,

avec la maîtrise et la mise en application des techniques de reproduction assistée à la faune sauvage dans un but de conservation et de multiplication.

— Des prélèvements réguliers de semence de différentes espèces de cerfs permettant d'alimenter une banque de sperme sous la forme de paillettes congelées dans de l'azote liquide à -196°C pour :

  • Conserver une génétique unique de manière à y accéder ultérieurement par le biais de l'insémination artificielle ;
  • Remédier aux disparitions accidentelles des mâles reproducteurs ;
  • Faciliter les échanges nationaux et internationaux par le faible encombrement des paillettes (simplification des formalités sanitaires, douanières et financières liées à l'animal vivant).

— Production d'embryons

Une femelle cervidé assure, dans le meilleur des cas, la mise au monde d'un jeune par an. Actuellement, des stimulations ovariennes permettent de prélever à chaque intervention un grand nombre d'embryons par femelle. Le projet du laboratoire consiste à appliquer à certaines espèces sauvages le transfert de ces embryons pour en accroître plus rapidement les effectifs dans un but futur de réintroduction.

Les très menacés Sika de Formose ne peuvent pas fuir de leur île où la démographie humaine et la destruction des espaces forestiers réduisent leur habitat. En transférant un nombre important d'embryons ce de cette espèce sur des mères porteuses Sika du Japon, espèce très voisine et plus commune, la réserve pourrait parvenir à une importante population active de Cerfs en voie de disparition et penser plus rapidement à leur réintroduction.

En amont nous oeuvrons sur :

  • La maîtrise de la cyclicité, la synchronisation chez les femelles ;
  • La gestion du stress par « apprivoisement » et l'étude de la fécondation in vitro pour réduire les manipulations de l'animal sauvage avec les mêmes objectifs de production d'embryons.
  • La congélation des embryons et transfert embryonnaire interspécifique en maintenant des troupeaux de femelles receveuses.
  • Les dosages hormonaux en relation avec l'étude du comportement, et dosage des stéroïdes fécaux pour déterminer la durée des cycles de différentes espèces.

— Ethologie liée à la reproduction :

L'étude comportementale représente l'indispensable complément à la recherche vétérinaire :

  • Etudes du comportement maternel, notamment les relations mère-jeune avec embryons implantés.
  • Etude du comportement à long terme d'individus biberonnés.

— Ethologie non spécifique avec encadrement de stagiaires :

Un établissement zoologique se doit d'assurer aux espèces qu'il accueille, un cadre de vie correspondant au mieux à la biologie et besoins comportementaux. Des études éthologiques, menées à la Haute-Touche, sont donc entreprises afin d'assurer toujours au mieux le « bien-être » des pensionnaires :

  • étude de préférence spatiale chez le loup en vue d'optimiser les comportements naturels ;
  • étude du comportement social des babouins avec suivi d'un groupe sur plusieurs années ;
  • étude des comportements alimentaires chez les Lémuriens afin d'approcher leur mode alimentaire à un mode plus naturel.